Par Philippe Aramel
Études drômoises n° 78 (juin 2019)
Ed. AUED, Valence, pp. 32 à 35
Résumé d’après l’article
«Lorsque je suis arrivé à Valence, j’avais lu dans le Guide Vert Michelin que la ville comptait deux maisons remarquables : la Maison des Têtes et… la Maison Mauresque, la notice du guide précisant que la façade était à l’état d’abandon ! »
C’est la première opération de restauration de façades privées, aidée dans le cadre du programme Action Cœur de Ville sur Valence, comprenant la restauration complète de la façade en pierres de taille avec restitution de la polychromie d’origine.
La Maison Mauresque est édifiée en 1860, sur un terrain situé près de la préfecture.
En ce milieu du XIXe siècle, la mode est à l’orientalisme, courant qui inspire la peinture, la littérature, la sculpture, l’architecture.
Près de 160 ans après sa construction, la façade est très dégradée, surtout les niveaux supérieurs, édifiés dans un calcaire blanc très fin.
Il faut donc procéder à une minéralisation artificielle plus ou moins profonde, qui consiste à rendre, rapidement, la pierre plus résistante.
Une partie du décor sculpté doit donc être restituée en complétant les parties manquantes.
L’essentiel de cette restitution a été réalisé par ragréage avec une armature du mortier en laiton.
Un revêtement de plomb a donc été mis en œuvre afin de préserver la restauration réalisée des infiltrations d’eaux.
Mais le plus surprenant pour les Valentinois, après cette réhabilitation, est le spectacle offert par les notes de rouge et vert qui rythment le décor inspiré d’un moucharabieh (un dispositif de ventilation naturelle fréquemment utilisé dans l’architecture traditionnelle des pays arabes). Auparavant, il aura fallu plusieurs phases d’étude et d’analyse pour retrouver les traces de polychromie sur l’ancienne façade afin de restituer ce décor coloré.