Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

La circulation à Montélimar en 1854

par AUED

Par Claude et Michel Seyve

Études drômoises n° 51 (octobre 2012)
pp. 32 à 36

Résumé d’après l’article

Montélimar, 1854 : les chantiers de la construction de la voie ferrée parviennent à leur terme.
Le mois suivant en effet, « le 29 juin, la ligne du chemin de fer d’Avignon à Valence est opérationnelle […]. À partir de 1855, la ligne ira jusqu’à Lyon ». « Bientôt, les nombreuses voitures qui vont circuler dans ces deux quartiers [Aygu et le Fust], pour le service du chemin de fer, vont achever d’y rendre la tenue des foires impossible».

Or, on sait l’importance des foires à l’époque ; elles jouaient un peu le rôle des hypermarchés actuels ou des pôles d’activités industrielles des villes modernes.
En outre, les foires établissaient des liens étroits et indispensables entre les productions artisanale et agricole d’une part, la société urbaine et campagnarde de la plaine environnante d’autre part.

À l’orée du demi-siècle, les données économiques ont vraiment bougé et exigent des mesures qui rompent avec le passé.
« Lorsque ces foires furent créées, explique le Commissaire, elles n’avaient pas l’importance qu’elles ont aujourd’hui ». Elles étaient insérées convenablement dans le tissu urbain et campagnard du moment.
« À cette époque, l’emplacement destiné à la tenue des foires, dans chaque quartier, était assez grand pour tout contenir ».

Un seul moyen, un seul, affirme-t-il, après avoir « examiné tous les pourtours de la ville », en gardant constamment à l’esprit les « intérêts des quartiers ».
Il faut un projet global, dans le temps et l’espace, un projet «permanent ».

Le Commissaire de Police propose « de fixer d’une manière permanente, l’emplacement pour la tenue de toutes les foires ».

• À la porte Saint-Martin jusqu’au bas de la rampe, les marchands de cordes, d’échelles, d’instruments aratoires, de bennes, de cercles, de bois de constructions et les ferblantiers.

• Sur le Champ de manœuvre, depuis le bas de la rampe jusqu’à la porte Saint-Gaucher, tous les bestiaux à l’exception des bœufs, mulets et chevaux.

• Sur le Champ de Mars, depuis la porte Saint-Gaucher jusqu’à la porte Neuve, tous les marchands étalagistes placés sur deux rangs.

• Sur le Champ de Mars, depuis la porte Neuve jusqu’au bout de la promenade, les cordonniers, les sabotiers, chapeliers et saltimbanques.

• Quant aux quartiers compris entre la porte du Fust et celle d’Aygu, j’ai reconnu que l’on ne pouvait y tenir que la foire aux chevaux, aux bœufs et celle des arbres ; cette dernière serait bien placée devant le bureau d’octroi du Fust.

Le Commissaire énonce sa vision de la foire de demain.
La nouvelle conception considère que la foire est celle de toute la ville. « Le mouvement extraordinaire qui règne, seulement dans le quartier où la foire se tient, s’étendra à toute la ville ».

Et puis, déjà en germe, apparaissent les questions actuelles de l’urbanisation, de la place excessive des véhicules dans l’espace habité, des rapports ville-campagne, des nuisances causées par les moyens de transport…

Jour de foire, vers 1910 (P Morand, K Ferchiche)
Place d'Aygu, en 1927 Présentation d'une batteuse

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