Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Denise Peysson (1823 – 1894) Insurgée de 1851 à Crest

par AUED

Par Robert Serre

Études drômoises n° 26 (juin 2006)
pp. 13 à 15

Résumé d’après l’article

Née le 19 juillet 1823 à Grâne, fille de propriétaires aisés, elle épouse à 20 ans Adrien Peysson, dont elle aura quatre enfants.
La fusillade du 7 juin 1851 au hameau de Combemaure entraîne l’occupation de Grâne pendant plus de trois semaines par la troupe. Mais parmi ceux-ci, certains ayant conservé leurs sentiments républicains, établissent des contacts avec les démocrates Grânois. Une réunion secrète, à laquelle participent plusieurs membres de la famille de Denise, est organisée. Mais, le 23 août 1851, suite à une dénonciation, la ferme est investie et une bonne partie des participants est prise et sévèrement condamnée.
Le 6 décembre 1851, quatre jours après le coup d’état de Louis Napoléon, le soulèvement se déclenche dans la Drôme, à Grâne en particulier. Un grand nombre d’habitants, parmi lesquels beaucoup de femmes, se regroupent, s’arment comme ils peuvent et se dirigent vers Crest. Mais c’est un échec, et commence alors la « chasse à l’homme » avec des troupes importantes aidées par la police et la gendarmerie. Au 30 décembre, 457 personnes sont détenues à la tour de Crest, dont 6 femmes et Denise Peysson.
Finalement, les Peysson se retrouvent en Suisse, à Genève, où ils ouvrent un restaurant qui accueillera d’autres Grânois en fuite. En 1856, Denise revient à Grâne, quatre ans avant son époux. Après la chute de Napoléon III et le rétablissement de la République, Denise touche une pension comme victime du coup d’État. En 1879, elle se lance encore dans la création d’une « Chambre syndicale des ouvrières réunies de Valence », essai novateur mais éphémère.
Elle meurt à Bourg-lès-Valence, le 29 mars 1894.

Les femmes ont eu, dans ce soulèvement, une participation bien plus importante que ne l’indiquent les documents. Seules les plus « coriaces » ont laissé des traces, mais beaucoup ont lutté énergiquement, encourageant leurs maris, se démenant pour les faire libérer ou tout simplement assumant seules la survie de la famille.

Monument aux insurgés de 1851 à Crest

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