Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Maurice Pic, ses agendas et la conquête de la Drôme

par AUED

Par Philippe Veitl

Études drômoises n° 23 (octobre 2005)
pp. 14 à 21

Résumé d’après l’article

L’élection de Maurice Pic aux législatives de novembre 1958, à l’âge de 45 ans, puis aux municipales de mars 1959, à 46 ans, prépare son accession au rang de secrétaire d’État. Ce n’est qu’en 1985 qu’il est définitivement écarté des deux scènes politiques majeures pour lui : le Conseil général et la mairie de Montélimar.

 

Cette réussite est indissociable d’un très fort enracinement local qui lui a permis de s’imposer au sein de la SFIO, puis, le moment venu, de prolonger sa carrière au plan national.

Cet instituteur du Vaucluse amorce sa carrière politique locale à son retour de captivité en 1942.
Maire de Châteauneuf du Rhône, il est choisi comme candidat de la SFIO aux cantonales en 1945, est élu et se retrouve au bureau du Conseil général. En 1951, il en est le 1er vice-président. Il était entré au Sénat en 1948 grâce, selon lui, « à l’influence acquise sur les maires » par l’intermédiaire de l’Association des maires de la Drôme, qu’il présidera jusqu’en 1989. Il réussit à concilier une carrière nationale, cumulant les mandats, tout en renforçant son ancrage local.

La recomposition du mouvement socialiste sous la férule de F. Mitterand dès 1960, tend à le marginaliser au plan national, mais son autorité locale profite aux socialistes.
Le début des années 1970 voit un clivage se marquer entre le nord du département orienté vers le PS et emmené par G. Filioud et le sud, fidèle à la SFIO et à M. Pic.

Le travail politique de Maurice Pic repose sur l’utilisation d’agendas ; ceux qui sont étudiés dans l’article vont du 14 mars 1982 au 13 mars 1983, juste avant sa défaite aux cantonales de 1985. C’est un objet de dimensions réduites, qu’il a toujours sur lui et qui est construit à partir des obligations détaillées par son secrétariat, à quoi viennent s’ajouter tout ce qu’il note lui-même au fur et à mesure de ses journées et de ses rencontres.
L’étude des agendas de cette période montre que son activité politique ne s’est interrompue qu’entre le 22 août et le 30 août ; c’est à la mairie qu’il consacre le plus de temps et ensuite au Conseil général. Pour les déplacements, la majorité se font dans la Drôme, surtout dans les cantons et communes limitrophes de Montélimar.

La foire de Montélimar, du 15 au 23 mai, occupe son activité.
Notons encore que Maurice Pic déléguant très peu, il rencontrait tous ceux qui le sollicitaient et donc était perpétuellement débordé. Cependant l’agenda est destiné avant tout à tenter de maîtriser l’imprécision et l’indétermination qui résultent du hasard des rencontres.

L’usure du pouvoir, la décentralisation qui marginalise les « arrangements » entre notables et préfet vont peu à peu saper l’assise rurale de son poids politique et amener à la défaite de 1985.

Maurice Pic dans son bureau de la mairie de Montélimar avec son carnet de rendez-vous dans les mains (Photo collection Anne-Marie Reme-Pic)
Avec son épouse, visitant (déjà !) les travaux des Grands Goulets en 1951
Henri Michel, Rodolphe Pesce, Georges Fillioud, Maurice Pic accueillent Laurent Fabius à l'aéroport de Valence-Chabeuil

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