Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Le Roman(s) de la chaussure

par AUED

Par M.-J. Bossan

Études drômoises n°2 (mars 2000)
p. 12 à 18

Résumé d’après l’article

À Romans, la chaussure, c’est plus qu’une tradition, une culture. Dès le XVe siècle, on tanne le cuir ; en 1850, c’est le premier atelier de chaussures, puis la machine Black permettant de coudre la tige sur la semelle, va faire démarrer la production industrielle…

Le Musée International de la Chaussure abrite des collections prestigieuses de chaussures de tous les pays et de toutes les époques. Les modèles présentés sont des chaussures de gens riches.
L’étude, qui va du Moyen Âge à la fin du XIXe, distingue 7 périodes :
– Le Moyen Âge : au début, l’influence de l’antiquité romaine est encore forte (sandales de cuir souple avec lanières). À l’époque mérovingienne, les chaussures sont chères (on les lègue par testaments ou par donations). À l’époque carolingienne, la chaussure à courroies ou à bandelettes persiste ; comme dans l’Antiquité, la chaussure se différencie pour les deux pieds. Au début du XIIe siècle, les chaussures s’allongent (chaussures à la poulaine, avec des pointes parfois démesurées) et ce style fait fureur aux XIIe et XIIIe siècles…
– La Renaissance : avec « le soulier Valois », les bouts carrés succèdent aux bouts pointus, puis c’est la mode excentrique des chopines vénitiennes à très hauts talons. Au début du XVIe siècle la France adopte la pantoufle importée d’Italie. On voit aussi apparaître les escarpins en satin ou en velours, tailladés par des crevés. À la fin du XVIe siècle, le talon apparaît et on cesse de différencier les deux pieds…
– D’Henri IV à Louis XIV (XVIIe siècle) : de solides souliers à talons et à bouts carrés présentant un vide entre le talon et la semelle (souliers à pont-levis). On voit apparaître des bottes de cuir souple, puis des bottes à entonnoir…
– La Cour du Roi Soleil (XVIIe siècle) : les gens de qualité portent des talons rouges, créés à cette époque ; entre 1670 et 1680, les boucles remplacent les nœuds sur le dessus des souliers…
– De la Régence à la Révolution (XVIIIe) siècle : la forme des chaussures varie peu. Les élégantes portent soit des mules pour l’appartement, soit des chaussures à hauts talons. Pour sortir, on protège les chaussures par les patins. Les hommes portent des chaussures de forme simple, à talons plats et ornés d’une boucle. Sous Louis XVI, il y a un retour à plus de simplicité et aux lignes droites ; on recommence à distinguer les deux pieds. Sous la Révolution, la simplicité est de rigueur.
– Du Premier Empire à Louis-Philippe : les chaussures du Directoire sont plates et pointues : pour les femmes des ballerines, maintenues par des rubans (l’Impératrice Joséphine de Beauharnais en possédera 785 paires !). Sous l’Empire, on revendique les escarpins à boucles ; la botte est de rigueur pour le service. Puis à partir de 1815, les hommes portent des bottines et des escarpins ; les femmes portent des bottines plates et des escarpins et le talon revient après 1830…

– Du Second Empire à 1900 : sous le Second Empire, la bottine triomphe et, pour le soir, les femmes portent des escarpins de soie ou de satin ; elles ont aussi des mules d’appartement en soie ou en velours. Après 1870, l’usage d’une chaussure pour chaque pied se généralise…

L’article, enrichi de 10 photos commentées, est complété par une bibliographie et les extraits d’un article de presse sur « la chaussure du futur ».

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