Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Études drômoises n° 105

par AUED

La revue de mars revient sur des élections passées et des histoires d’élus et des premières élues. Les intercommunalités drômoises bénéficient aussi d’un petit retour historique. Les chroniques art et naturaliste complètent le numéro.

Éditorial

DOSSIER : Élections

1945, les Françaises votent pour la première fois ! Anne-Marie Ravel  2
Alice Cartier, maire de Saint-Dizier-en-Diois en 1947 Michel Ondarsuhu  6
Femmes élues dans la Drôme en 1947 Christophe Clavel,

carte Alain Coustaury

 8
Marguerite Verguet, femme d’exception à l’avant-garde du féminisme à Valence Bernard Alison 11
Comps, la grande peur d’un maire Marylène Marcel-Ponthier 18
Dieulefit ou les difficultés d’être maire Marylène Marcel-Ponthier 20
L’Hôtel de ville de Montélimar Marylène Marcel-Ponthier 24
Pour une histoire de l’intercommunalité dans la Drôme Pierre-Antoine Landel 28

ART

L’’Artsolite Nicole Cordier 34
Juifs du Dauphiné et de Provence devenus juifs du pape Guy Pairoux 36
Chronique naturaliste : De la vie dans le bois mort  Lucile Béguin 42

Kiosque, brèves, courrier

44

Élections

1945, les Françaises votent pour la première fois !

Anne-Marie Ravel
Bien après la plupart de leurs voisines européennes, bien après les Nord-Américaines ou les Néo-Zélandaises, pionnières en la matière, (avec un droit acquis dès 1893), les Françaises sont pratiquement parmi les dernières à disposer du droit de vote. Désormais, elles sont électrices et éligibles comme les hommes. Pourquoi la France a-t-elle autant tardé ?

Alice Cartier, maire de Saint-Dizier-en-Diois en 1947

Michel Ondarsuhu
Saint-Dizier-en-Diois est un petit village du Haut-Diois, niché à 1100 mètres d’altitude entre Luc-en-Diois et La Motte-Chalancon. Village d’agriculteurs, d’éleveurs de brebis et de chèvres, qui a connu son heure de gloire au milieu du XIXe siècle avec près de 400 habitants contre 46 aujourd’hui. En 1947, lors des élections municipales, Alice Cartier est élue maire de Saint-Dizier, une des deux premières femmes-maires de la Drôme.

Femmes élues dans la Drôme en 1947

Christophe Clavel, carte Alain Coustaury
Le 21 avril 1944, une ordonnance du Comité de libération nationale, réuni à Alger, stipule que les femmes sont électrices et éligibles. La Constitution de 1946 consacre le principe de l’égalité des droits entre les deux sexes. Cette avancée se concrétise aux élections municipales des 19 et 26 octobre 1947. Ce sont près de 200 femmes qui entrent dans les conseils municipaux des communes drômoises, timide premier pas. Elles ne représentent que 4 % environ des conseillers et sur les 372 communes, deux seulement se dotent d’une mairesse, soit 0,5 % environ.

Marguerite Verguet, femme d’exception à l’avant-garde du féminisme à Valence

Bernard Alison
Marguerite Verguet était une femme au caractère fort et en avance sur son temps, qui a consacré sa vie aux plus faibles, les oubliés de la société : les malades et particulièrement les contagieux, les pauvres, les sans-abris, mais aussi plus généralement les femmes, dont les droits à la fin du XIXe siècle, sont inexistants.

Comps, la grande peur d’un maire

Marylène Marcel-Ponthier
Avec la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), maire et adjoints sont nommés, par le Premier consul pour les communes de plus de 5 000 habitants et par le préfet dans les autres communes. C’est le cas de Comps où le maire nommé en 1800 a failli mourir face à des brigands.

Dieulefit ou les difficultés d’être maire il y a 200 ans

Marylène Marcel-Ponthier
Étienne Jean Morin, déjà élu de 1792 à 1795, est nommé maire le 1er prairial an VIII (1er mai 1800) par le préfet. En 1816, le préfet nomme Pierre Théodore Morin maire à la place de son père. Dès 1817, de nombreux conflits religieux perturbent les séances, les catholiques et les protestants voulant être les plus nombreux au conseil municipal ! Pourtant, lorsqu’il les nomme, le préfet ambitionne de respecter l’égalité ! Lorsque le maire est protestant, comme à Dieulefit, il tient à nommer un premier adjoint catholique. Une histoire municipale doublée d’une histoire de famille.

L’Hôtel de ville de Montélimar

Marylène Marcel-Ponthier
Hôtel de ville, maison consulaire, maison commune, mairie, histoire et soubresauts du lieu abritant le maire et les services municipaux au gré des personnalités, des votes des conseils, des décisions des préfets et des finances de 1445 à la seconde guerre mondiale.

Pour une histoire de l’intercommunalité dans la Drôme

Pierre-Antoine Landel
Depuis 2013, les élections municipales sont aussi l’occasion de désigner directement les délégués qui vont siéger dans les intercommunalités. Bien que leur rôle soit devenu central dans de nombreux domaines de la vie quotidienne, l’élection des délégués intercommunaux ne fait que peu débat dans le cadre des élections municipales. Pour ces raisons, les intercommunalités restent souvent méconnues par les citoyens, ce qui pose la question de leur place dans la démocratie locale. Présentes dans la Drôme depuis plus d’un siècle, leur histoire mérite d’être explorée. Elle trouve son origine dans la définition du périmètre des communes en 1789.

Art

L’’Artsolite, un centre d’art qui dynamise le Royans-Vercors

Nicole Cordier
On ne s’attendrait pas à découvrir un lieu culturel d’envergure nationale à Saint-Jean-en-Royans, petite bourgade de 3 000 habitants au pied du Vercors. Et pourtant… L’’artsolite, qui a ouvert ses portes en 2023, attire un public de tous âges en proposant des expositions d’œuvres d’art et de pop culture dans une ancienne usine de tissage rénovée. Des artistes confirmés y cohabitent avec de jeunes talents dans une ambiance ouverte, conviviale et toujours surprenante.

Juifs du Dauphiné et de Provence devenus juifs du pape

Guy Pairoux
Le Dauphiné, qui juxtaposait lui-même des terres de langue occitane au sud et des terres de langue franco-provençale au nord, fut le lieu de rencontre pour des Juifs de l’aire séfarade et de l’aire ashkénaze. Lorsque finalement les Juifs du Dauphiné furent amenés à le quitter, il paraît probable qu’ils se replièrent sur des régions proches plus tolérantes qui leur étaient déjà familières, sur les terres du duc de Savoie, d’où ils pouvaient aisément atteindre les rives du lac Léman, les cantons suisses et l’Italie du Nord, mais surtout dans le Comtat Venaissin, où la présence des Juifs du pape s’est maintenue jusqu’à la Révolution française.

Chronique naturaliste de la Drôme

De la vie dans le bois mort

Lucie Béguin
La forêt a-t-elle besoin d’un nettoyage de printemps ? Les arbres ont-ils besoin de notre intervention pour se régénérer, s’épanouir sans s’étouffer ? Les questions, mais aussi les réponses sont multiples. Elles seront adaptées à chaque contexte. Essai d’effleurer ce qui se trame dans ce simple bois mort.
error: Ce contenu est protégé !

Ce site utilise des traceurs (cookies) afin d'améliorer votre expérience de navigation. Si vous les acceptez, cliquez sur "Accepter". Pour en savoir plus et paramétrer les traceurs, cliquez sur "En savoir plus". Accepter En savoir plus