Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Yves Turc : le roman d’un goumier

par AUED

Par Lucien Riband

Études drômoises n° 35 (octobre 2008)
pp. 9 à 13

Résumé d’après l’article

Lucien Riband a commencé sa carrière d’instituteur dans l’Aube, à deux pas, dit-il, de la forêt d’Orient, premier quartier général des Templiers, ce qui a renforcé sa passion pour l’Histoire. Directeur d’école, retiré à Hauterives, il exerce les fonctions de guide bénévole pour l’Office du tourisme.

1938, Le parfum puissant de l’Afrique…
Né le 20 février 1920, Yves Turc se distingue très tôt par un caractère bien trempé et un goût prononcé pour l’aventure. À 18 ans, à la suite de dissensions avec son milieu familial, Yves, sur un coup de tête, s’engage dans l’armée, à Valence, pour une durée de trois ans.
Yves est versé dans une prestigieuse unité marocaine : les goumiers, unité qu’il servira pendant presque toute sa carrière militaire.
Les goumiers sont recrutés parmi les fiers Berbères de l’Atlas, farouches guerriers s’il en fut car, dès son enfance, le guerrier berbère sait se servir d’une arme et il connaît toutes les ruses du combat en montagne : il est le baroudeur par excellence !

1940- 1942 : l’armée française d’Afrique du Nord, l’arme au pied.
Le 1er janvier 1940, il est nommé caporal-chef et il connaît déjà son métier : maîtrisant parfaitement le berbère, il sait se faire obéir de ses hommes et il sait aussi se faire aimer d’eux.
La seconde guerre mondiale éclate et Yves suit, la mort dans l’âme, la défaite française…

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance son fameux Appel. Yves l’entend sur les ondes de la TSF et prend un véritable « coup de sang » : il déserte et fonce sur Gibraltar d’où il compte bien se rendre à Londres : catastrophe, la police militaire française l’arrête : il est jeté en prison !
Libéré sur intervention d’un général des goumiers, il rejoint son unité.
L’armée française, stationnée au Maroc obéit au gouvernement de Pétain.Yves attend son heure.

1943 : La lutte contre l’Afrika Corps en Tunisie
Le 21 janvier 1943, son unité reçoit l’ordre de se porter en direction de la Tunisie : Yves sent le grand souffle de l’Aventure lui gonfler le cœur : il est maintenant sergent et il a sa section de goumiers bien en main !

Voici, enfin, la Tunisie et le 17 mars 1943, c’est le baptême du feu pour Yves : un violent accrochage avec les débris de l’Afrika Corps.
Pour la première fois Yves se trouve au milieu d’une fusillade nourrie : les obus pleuvent, ses goumiers se battent courageusement et font deux prisonniers allemands.
Puis, c’est Kairouan et, le 11 mai, à 18 heures, la division allemande de Zaghouan se rend aux troupes françaises : dans la nuit qui descend, tous entonnent la Marseillaise…
Au bivouac, allongé près du feu, Yves songe que l’humiliation de juin 1940 est lavée.

1944 : le débarquement en Italie, Monte Cassino.
Le 14 avril 1944, Yves et ses goumiers prennent, enfin, la mer. Leur navire fait route sur Naples où ils débarquent au milieu de ruines encore fumantes. La bataille de Monte Cassino s’éternise en cette fin avril 1944. Le 19, un groupe de partisans italiens vient se joindre, spontanément, à eux !
Yves va se battre, sans discontinuer, jour près jour, jusqu’au repli définitif de l’armée allemande.

1944 : La campagne de France
15 août 1944 : après trois semaines d’une attente interminable sur l’île de Beauté, les goumiers reçoivent, enfin, l’ordre de rallier les côtes de Provence où le débarquement allié est commencé. Un bateau les emmène vers les côtes de France
29 août : Marseille est libérée : sous les vivats d’une foule enthousiasmée, les goumiers défilent fièrement sur la Cannebière, le général de Lattre de Tassigny, en tête.

Le 25 novembre, le goum est au pied du Ballon d’Alsace. Il fait un froid intense : les goumiers sont frigorifiés.
6 janvier 1945 : Yves est pris de violentes quintes de toux… Il crache du sang… Le médecin militaire ne peut que diagnostiquer une tuberculose déjà bien avancée… Yves paye ses vingt six mois de campagne pendant lesquels il n’a pratiquement connu que le froid, la boue et le manque d’hygiène…

8 mai 1945
Le goum est à Donaù où coule le Danube. La nouvelle tombe au QG : « Les hostilités ont cessé sur le front de la 1e Armée française ! » Yves et ses goumiers entonnent la Marseillaise. Les yeux se mouillent. Le drapeau tricolore flotte. La victoire est totale. Autour d’un immense feu, les goumiers tournent le méchoui. On boit le thé à la menthe, on chante et on danse. Après trente mois de combats, ils vont pouvoir retrouver leurs douars.

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