Association universitaire d'études drômoises
L'AUED est une association reconnue d'utilité publique qui édite Études drômoises, la revue du patrimoine de la Drôme

Jeanne Barnier, une Juste

par AUED

Par Jacques Delatour

Études drômoises n° 27 (octobre 2006)
pp. 4 et 5

Résumé d’après l’article

Une carrière tranquille de fonctionnaire municipal attendait Jeanne Barnier lorsqu’elle entra, le 1er avril 1939, à la mairie de Dieulefit. Mais dès le début septembre, le maire décida d’accueillir 30 femmes de Républicains espagnols avec leurs enfants : un baptême du feu pour Jeanne Barnier.
En mai 1940, ce n’étaient plus 30 mais 1200 personnes qu’il fallut accueillir.
Très vite, Dieulefit devint lieu de refuge pour de nombreuses personnes traquées.

Marguerite Soubeyran, qui avait créé avant guerre avec Catherine Kraft, l’école de Beauvallon, et qui disposait d’une ferme où elle logeait des fugitifs, vint contacter Jeanne Barnier et lui demanda de fabriquer de fausses cartes d’identité. Très bouleversée, comme elle le dit elle-même : « on m’avait appris à dire la vérité », elle établit alors la première d’une longue série.
Très artisanales au début, la technique se perfectionna ensuite et , en quatre ans, des centaines de cartes ont été mises en circulation dans de nombreuses régions de France.
Le maire nommé par Vichy, un colonel intègre et très strict, était-il au courant ? En tout cas à Dieulefit personne ne dénonça personne. Les gendarmes apportaient même une aide discrète.

Si, pour reprendre le propos d’Élie Wiesel, « Quiconque sauve une vie sauve l’humanité toute entière », alors Jeanne Barnier a certainement sauvé l’humanité…

En 1970, la République l’a faite chevalier de la Légion d’honneur et l’État d’Israël l’a élevée au rang des Justes. Une place de Dieulefit porte son nom.

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